Vers Phnom Penh : neuf projets pour une Francophonie nouvelle

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Au terme de ma tournée, à travers des villes réparties sur trois continents, je résume en neuf projets concrets ce que je propose aux quatre-vingt-treize États et gouvernements membres de l'OIF, dans la perspective du Sommet de Phnom Penh.


Au terme de cette longue tournée, de Brazzaville à Fredericton, de Tunis à Beyrouth, je veux résumer, en quelques principes clairs, ce que je propose aux quatre-vingt-treize États et gouvernements de notre organisation.

Neuf projets. Pas neuf slogans. Neuf chantiers concrets, que j'ai présentés tout au long de cette campagne et que je résume ici pour celles et ceux qui nous rejoignent à l'approche du Sommet.

Premier projet : une gouvernance de résultats, avec des indicateurs publics et des audits de performance pour chaque programme financé par l'OIF.

Deuxième projet : un espace francophone de l'innovation, connectant universités, laboratoires et jeunes entreprises de l'ensemble de notre communauté.

Troisième projet : une stratégie francophone pour l'intelligence artificielle, fondée sur un grand corpus linguistique commun et des laboratoires de recherche en réseau.

Quatrième projet : une Francophonie économique assumée, avec un forum annuel itinérant mettant en relation investisseurs et jeunes entreprises.

Cinquième projet : une diplomatie scientifique francophone, capable de peser dans les grandes négociations internationales sur le climat, la santé et le numérique.

Sixième projet : une Francophonie des passerelles pour la jeunesse, avec un guichet numérique unique pour l'ensemble des programmes de mobilité.

Septième projet : une reconquête patiente du Sahel, fondée sur la coopération technique plutôt que sur l'exigence institutionnelle.

Huitième projet : une reconnaissance pleine et entière de la diversité de notre espace, du Maghreb aux Caraïbes, du Moyen-Orient à l'Océan Indien, trop souvent traités comme des périphéries.

Neuvième projet : une méthode de gouvernance par consensus, préservée et approfondie, y compris après l'élection, pour que chaque État membre, grand ou petit, continue de peser dans les décisions qui le concernent.

Ces neuf projets ne sont pas une promesse abstraite. Ce sont les conclusions d'une tournée menée avec l'ensemble des régions de notre espace, écoutées une à une, capitale après capitale.

Le 15 novembre 2026, à Phnom Penh, quatre-vingt-treize États et gouvernements choisiront celle ou celui qui portera, pour les années à venir, la voix de notre communauté. Je me présente devant eux avec un projet clair, une expérience éprouvée, et une conviction intacte : la Francophonie a les moyens de devenir l'un des grands espaces d'influence, de solidarité et d'innovation du XXIᵉ siècle.

C'est cette Francophonie nouvelle que je m'engage à construire, avec chacun de ses membres, sans exception.

Cette architecture en neuf projets n'est pas née d'un exercice de communication conçu a posteriori pour synthétiser une campagne déjà menée. Elle a émergé progressivement, au fil des rencontres, comme la structuration la plus fidèle possible des préoccupations exprimées par mes interlocuteurs successifs, qu'il s'agisse de chefs d'État, de jeunes entrepreneurs, de chercheurs ou de représentants de la société civile, dans chacune des capitales visitées au cours de cette tournée.

Je veux insister sur le caractère volontairement limité de cette liste. J'aurais pu proposer un catalogue plus long, plus détaillé, énumérant des dizaines de mesures sectorielles. J'ai préféré concentrer cette candidature sur neuf chantiers structurants, capables de produire des effets sur l'ensemble de notre espace, plutôt que de disperser l'attention et les ressources limitées de l'organisation sur un trop grand nombre de priorités concurrentes.

Chacun de ces neuf projets fera l'objet, si je suis élue à Phnom Penh le 15 novembre prochain, d'un plan de mise en œuvre détaillé, avec des échéances précises et des indicateurs de suivi rendus publics. Je considère cette transparence sur le calendrier de réalisation comme une condition de la confiance que je sollicite aujourd'hui auprès des quatre-vingt-treize États et gouvernements membres de notre organisation.