Pourquoi la RDC peut apporter une nouvelle impulsion à l'OIF
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Pourquoi la République démocratique du Congo, et pourquoi maintenant ?

Je répond en m'appuyant sur trois arguments : le poids démographique du français dans mon pays, son expérience institutionnelle et sa neutralité diplomatique constructive.
Certains s'interrogent : pourquoi la République démocratique du Congo et pourquoi maintenant ?
La réponse tient d'abord à une donnée simple et rarement mise en avant : mon pays est le premier pays francophone du monde par le nombre de ses locuteurs. Aucune candidature à la tête de l'OIF ne peut aujourd'hui ignorer cette réalité démographique, appelée à peser plus lourd encore dans les décennies à venir.
Elle tient ensuite à une expérience institutionnelle : la RDC a traversé, en une génération, des transitions politiques majeures, une reconstruction économique exigeante et une diversification rapide de ses partenariats internationaux. Cette expérience de la transformation, souvent difficile, nourrit une compréhension fine de ce que signifie réformer une institution sans la fragiliser.
Elle tient enfin à une position diplomatique singulière. La RDC n'a instrumentalisé la Francophonie contre aucun autre État membre. Elle n'a jamais quitté les cercles de solidarité continentale auxquels elle appartient. Cette neutralité constructive est, je crois, un atout précieux au moment où l'organisation doit reconstruire la confiance avec plusieurs de ses membres, notamment au Sahel.
Une candidature congolaise, ce n'est pas une candidature qui déplacerait le centre de la Francophonie vers l'Afrique centrale. C'est une candidature qui rappelle que la légitimité à diriger cette organisation ne se mesure ni à la taille du budget national, ni à l'ancienneté diplomatique, mais à la capacité à représenter fidèlement la diversité et l'avenir démographique de notre espace commun.
Je porte cette candidature avec la conscience que la RDC a, historiquement, davantage reçu de la solidarité internationale qu'elle n'a pu, jusqu'ici, contribuer à façonner les grandes institutions multilatérales dont elle est pourtant membre depuis les indépendances.
Ce temps peut changer. Je souhaite que mon pays, à travers cette candidature, démontre qu'il a désormais les compétences, l'expérience et la vision pour contribuer pleinement à la direction d'une grande organisation internationale au bénéfice, non de la seule RDC, mais de l'ensemble de la communauté francophone.
Le poids démographique du français en République démocratique du Congo n'est pas un phénomène récent : il résulte d'un investissement de longue date dans l'enseignement en français, y compris dans des périodes économiquement difficiles pour le pays, où l'école publique a continué de jouer son rôle de vecteur linguistique malgré des moyens souvent limités. Cette continuité éducative, trop rarement mise en avant dans les discussions internationales sur l'avenir du français, constitue pourtant l'un des faits les plus significatifs de la démographie francophone contemporaine.
L'expérience institutionnelle congolaise, faite de transitions politiques complexes mais aussi de processus électoraux successifs organisés dans des conditions logistiques particulièrement exigeantes compte tenu de l'immensité du territoire, a développé au sein de l'administration congolaise une capacité de gestion de la complexité qui trouve un écho direct dans les défis de gouvernance auxquels l'OIF elle-même est confrontée, avec ses quatre-vingt-treize États membres aux réalités si diverses.
Je crois enfin que la candidature congolaise porte un message plus large sur la manière dont doit se distribuer le leadership au sein des grandes organisations internationales : non pas selon des logiques d'ancienneté diplomatique ou de puissance économique brute, mais selon la capacité réelle d'un État à représenter fidèlement la diversité et les évolutions démographiques de la communauté qu'il aspire à diriger.