Lomé : une Francophonie qui agit plutôt que de constater
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Les organisations internationales sont souvent jugées à l'aune des déclarations qu'elles adoptent. Pourtant, ce sont les résultats qu'elles produisent qui déterminent durablement leur crédibilité.
Cette conviction a guidé mes échanges à Lomé avec Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil de la République togolaise. Ensemble, nous avons évoqué les transformations que connaît aujourd'hui l'espace francophone et la responsabilité collective qui nous incombe face aux attentes de nos populations.
Je suis convaincue que la Francophonie doit entrer dans une nouvelle phase de son développement. Une phase où l'action prend progressivement le pas sur l'intention.
Nos textes fondateurs rappellent avec force notre attachement à la paix, à la démocratie, aux droits humains, à la coopération et à la solidarité. Ces valeurs demeurent plus actuelles que jamais. Mais elles doivent désormais se traduire davantage dans la vie quotidienne de nos concitoyens.
Que signifie la solidarité francophone pour un jeune entrepreneur de Lomé, de Kinshasa ou de Beyrouth ?
Que représente la Francophonie pour une chercheuse à Dakar, un artiste à Port-au-Prince ou une innovatrice à Hanoï ? Comment notre organisation accompagne-t-elle les collectivités locales confrontées aux effets du changement climatique ou les PME qui souhaitent accéder à de nouveaux marchés francophones ?
Ces questions doivent être au cœur de notre réflexion.
Je souhaite une Francophonie qui mesure son impact autant que ses ambitions. Une Francophonie qui développe des indicateurs de résultats, favorise les partenariats public-privé, accompagne les projets innovants et facilite la coopération entre les territoires dans le respect d'un budget annuel d'environ cent seize millions de dollars, dont chaque euro doit produire un effet vérifiable.
Nos États disposent de compétences remarquables. Nos universités produisent une recherche de qualité. Nos entreprises innovent. Nos artistes rayonnent. Notre jeunesse entreprend. Notre organisation doit devenir le trait d'union entre toutes ces énergies.
À Lomé, j'ai retrouvé cette volonté de bâtir une coopération pragmatique, tournée vers les solutions plutôt que vers les procédures.
Je remercie les autorités togolaises pour la qualité de leur accueil et pour leur engagement en faveur d'une Francophonie plus proche des réalités du terrain.
Je poursuis cette campagne avec une certitude : la Francophonie renforcera son influence non pas en multipliant les déclarations, mais en démontrant chaque jour sa capacité à améliorer concrètement la vie de celles et ceux qui lui donnent son sens.
Le Togo occupe une position singulière dans l'espace francophone ouest-africain, à la croisée des grandes routes commerciales régionales et des réseaux diplomatiques qui structurent la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Cette position en fait un interlocuteur précieux pour toute réflexion sur la manière dont l'OIF peut mieux s'articuler avec les organisations régionales existantes, plutôt que de dupliquer des efforts déjà engagés au niveau sous-régional.
Nos échanges à Lomé ont également porté sur la question spécifique des petites et moyennes entreprises togolaises désireuses d'accéder à d'autres marchés francophones. Trop souvent, ces entreprises se heurtent à des différences réglementaires, des barrières douanières ou un simple manque d'information sur les opportunités disponibles ailleurs dans l'espace francophone. C'est précisément ce type d'obstacle concret que je veux voir traité en priorité par une OIF dotée d'indicateurs de résultats mesurables, plutôt que par des déclarations générales sur la solidarité économique francophone.
Le Président Gnassingbé, dont le pays a connu ces dernières années d'importantes réformes institutionnelles, a partagé une analyse que je rejoins pleinement : les organisations internationales gagnent en crédibilité non pas en multipliant les engagements, mais en démontrant, année après année, leur capacité à honorer ceux qu'elles ont déjà pris envers leurs membres les plus modestes en poids diplomatique.