La jeunesse francophone n'attend plus des promesses, mais des passerelles
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Après avoir rencontré des centaines de jeunes francophones au cours de ma campagne, j'en tire une conclusion claire : cette génération n'attend plus des discours, mais des passerelles concrètes vers l'emploi et l'entrepreneuriat.
J'ai rencontré, au cours de cette campagne, des centaines de jeunes francophones. Étudiants, entrepreneurs, artistes, développeurs, militants associatifs. Une conviction commune s'est imposée à moi : leur relation à la Francophonie n'est plus faite d'attente passive, mais d'exigence de résultats.
Ils ne demandent pas que l'on célèbre leur potentiel. Ils demandent que l'on construise les passerelles qui leur permettront de le déployer.
Une passerelle vers une université partenaire, avec une bourse suffisante pour réellement partir étudier. Une passerelle vers un incubateur, avec un accompagnement qui dépasse la seule cérémonie de lancement. Une passerelle vers un employeur francophone d'un autre pays, avec une reconnaissance réelle des diplômes obtenus chez eux.
Trop souvent, ces passerelles existent sur le papier des programmes de l'OIF, mais restent difficiles d'accès dans la réalité : dossiers complexes, délais longs, information insuffisamment diffusée dans les territoires les plus éloignés des capitales.
Je souhaite une simplification radicale de l'accès aux programmes jeunesse de la Francophonie, avec un guichet numérique unique, disponible dans l'ensemble de l'espace, et une présence renforcée des relais locaux de l'OIF dans les villes secondaires, pas seulement dans les capitales.
Je souhaite également que chaque grand programme de mobilité comporte un volet de retour : un accompagnement pour que les compétences acquises à l'étranger reviennent nourrir le développement du pays d'origine, plutôt que d'alimenter une fuite des talents à sens unique.
Cette jeunesse ne veut pas d'une Francophonie qui parle en son nom. Elle veut une Francophonie qui lui donne les moyens de parler, d'entreprendre et de créer par elle-même.
C'est cette Francophonie des passerelles, plus que des promesses, que je m'engage à construire.
La complexité administrative des programmes de mobilité francophones constitue, d'après les témoignages recueillis tout au long de ma campagne, l'un des principaux freins à leur utilisation effective par les jeunes qui en auraient le plus besoin. Un étudiant d'une ville secondaire, éloignée des capitales où se concentre l'essentiel de l'information institutionnelle, dispose rarement des mêmes chances d'accéder à ces dispositifs qu'un étudiant déjà inséré dans les réseaux universitaires les plus internationalisés.
Le guichet numérique unique que je propose s'inspire de dispositifs déjà expérimentés avec succès dans d'autres régions du monde, où la simplification des démarches administratives a permis de multiplier significativement le nombre de bénéficiaires effectifs des programmes de mobilité, sans nécessairement augmenter les budgets alloués. La technologie, utilisée intelligemment, peut ainsi devenir un outil d'équité plutôt qu'un facteur supplémentaire d'exclusion pour les jeunes les moins connectés aux réseaux institutionnels.
Je souhaite également que ce guichet intègre un accompagnement personnalisé, notamment via des points de contact physiques dans les villes secondaires, pour les jeunes qui ne disposent pas encore des compétences numériques nécessaires pour naviguer seuls dans ces démarches. Une Francophonie des passerelles ne peut se limiter à une plateforme numérique : elle doit aussi s'appuyer sur des relais humains, formés et présents sur l'ensemble du territoire de nos États membres.