Fredericton : faire circuler les talents, pas seulement les idées
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Au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada, la candidate a échangé avec le ministre Robert Gauvin et la représentante Isabelle Doucet sur la circulation des talents francophones.
Nous parlons souvent de la circulation des biens. Des capitaux. Des informations. Des technologies. Mais nous oublions parfois que la première richesse de la Francophonie demeure son capital humain.
Plus de trois cents millions de femmes et d'hommes partagent aujourd'hui une langue commune. Parmi eux figurent des millions d'étudiants, d'enseignants, de chercheurs, d'ingénieurs, de médecins, d'artistes, d'entrepreneurs et d'innovateurs.
Notre défi n'est pas de créer ces talents. Ils existent déjà. Notre défi consiste à leur permettre de mieux se rencontrer.
C'est dans cet esprit que j'ai poursuivi mes échanges au Nouveau-Brunswick avec Monsieur Robert Gauvin, ministre responsable de la Francophonie, ainsi qu'avec Madame Isabelle Doucet, représentante personnelle de la Première ministre auprès du Conseil permanent de la Francophonie.
Le Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada et membre à part entière de l'OIF depuis 1977, constitue une illustration remarquable de la vitalité francophone en Amérique du Nord. Cette province démontre qu'il est possible de faire de la diversité linguistique un moteur de développement économique, social et culturel.
Nos échanges ont porté sur plusieurs priorités qui me semblent essentielles : l'éducation, la mobilité des jeunes, les échanges commerciaux, les partenariats universitaires et le développement des compétences.
Je crois profondément que la Francophonie doit devenir un espace de circulation des talents. Nous devons faciliter les mobilités académiques. Multiplier les doubles diplômes. Renforcer les programmes d'échanges. Créer des réseaux professionnels francophones. Accompagner les jeunes entrepreneurs dans leur développement international. Mettre en relation les incubateurs. Encourager les projets communs entre chercheurs. Favoriser les investissements dans les secteurs innovants.
Cette circulation des compétences ne doit pas être pensée comme une fuite des cerveaux. Elle doit devenir une circulation des savoirs. Une dynamique où chacun apprend des autres avant de contribuer au développement de son propre pays.
C'est ainsi que se construisent les grands espaces de coopération. Je souhaite que la Francophonie devienne cette communauté de confiance où un étudiant de Kinshasa peut collaborer avec une université d'Acadie, où un entrepreneur de Cotonou peut développer un projet avec Montréal, où une chercheuse de Beyrouth peut travailler avec un laboratoire de Dakar.
Notre langue nous relie déjà. À nous désormais d'en faire un véritable accélérateur d'opportunités. C'est cette Francophonie des talents que je souhaite porter.
Le Nouveau-Brunswick occupe, au sein de l'espace francophone nord-américain, une place particulière : celle d'une communauté acadienne qui a su préserver et transmettre sa langue à travers plusieurs siècles d'histoire, malgré des périodes de grande adversité, notamment le Grand Dérangement du XVIIIᵉ siècle. Cette résilience linguistique et culturelle constitue un exemple précieux pour d'autres communautés francophones minoritaires à travers le monde, confrontées à des défis de transmission intergénérationnelle comparables.
Nos échanges ont porté en particulier sur les programmes d'échanges universitaires entre le Nouveau-Brunswick et les universités francophones d'Afrique, encore trop limités en nombre de places offertes au regard de la demande. Le ministre Gauvin a partagé son expérience des dispositifs provinciaux de reconnaissance des diplômes étrangers, un enjeu qui touche directement la question plus large de la mobilité des talents que je souhaite faciliter à l'échelle de l'ensemble de l'espace francophone.
Cette étape m'a confirmé que les provinces et territoires francophones minoritaires du Canada, souvent moins visibles dans les grands sommets de la Francophonie que les délégations nationales, disposent pourtant d'une expérience de gouvernance linguistique extrêmement précieuse. Je souhaite que l'OIF leur donne, dans ses instances de consultation, une place à la mesure de cette expertise plutôt que de les cantonner à un rôle secondaire.