Brazzaville : le premier jalon pour une nouvelle Francophonie
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La première étape de la tournée diplomatique de Juliana Amato Lumumba, après l'annonce de sa candidature à Kinshasa au poste de Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), s'est naturellement tournée vers Brazzaville, République soeur de la République démocratique du Congo, liée par l'histoire, les peuples, la faune et la flore.
La délégation conduite par le Ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu, accompagnée de Juliana Amato Lumumba, a rencontré le Président Denis Sassou-Nguesso. Dans les déclarations faites à l'issue de l'audience, les responsables congolais ont insisté sur le caractère particulier de cette étape. En évoquant Brazzaville comme le lieu où il convenait de solliciter « la bénédiction » et les conseils d'un partenaire historique avant d'engager la campagne internationale, Kinshasa a voulu inscrire cette candidature dans une logique de solidarité régionale plutôt que dans une simple compétition électorale.
Pour Juliana Amato Lumumba, cette première visite a également été l'occasion de présenter les fondements de la vision qu'elle entend défendre à la tête de l'OIF. Son projet repose sur une idée simple : faire évoluer la Francophonie d'une organisation essentiellement institutionnelle vers une communauté davantage tournée vers les peuples.
À plusieurs reprises, elle a plaidé pour une Francophonie « vivante », « unie », « inclusive » et capable de retrouver sa vocation première d'espace de dialogue, d'ouverture et de solidarité.
Derrière cette formule se dessine une ambition plus large. Alors que les organisations multilatérales sont confrontées à une remise en question de leur efficacité, la candidate congolaise défend une Francophonie capable d'apporter des réponses concrètes aux préoccupations contemporaines. Son approche dépasse la seule promotion de la langue française. Elle envisage l'espace francophone comme un levier d'innovation, de coopération économique, de mobilité des talents, de transformation numérique et de développement des industries culturelles, tout en renforçant la solidarité entre les États membres.
L'étape de Brazzaville traduit également une conviction diplomatique : les grands projets multilatéraux se construisent d'abord sur des convergences régionales solides. Dans une Afrique qui représente désormais le principal moteur démographique de la Francophonie, les soutiens des chefs d'État africains s'aligneront sur ce point d'ancrage : celui d'une Francophonie qui ne se contente plus d'accompagner les transformations du monde, mais qui aspire à en devenir l'un des acteurs.