Brazzaville : toute ambition commence par des racines solides
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Premier déplacement de la tournée de campagne, Brazzaville n'a pas été choisie au hasard : c'est depuis l'autre rive du fleuve Congo que Juliana Amato Lumumba a voulu ouvrir son dialogue avec les chefs d'État africains, en compagnie du Président Denis Sassou-Nguesso.
Une campagne internationale ne débute jamais par hasard. Le premier déplacement donne souvent le ton de tous les autres.
Avant d'entreprendre cette tournée auprès des États membres de l'Organisation internationale de la Francophonie, il m'a paru naturel que notre première étape soit Brazzaville.
Certains y verront un symbole diplomatique. J'y vois avant tout un hommage à une histoire commune.
Les deux rives du fleuve Congo entretiennent depuis toujours des liens humains, culturels et politiques uniques dans l'espace francophone. Un cas sans équivalent au monde, celui de deux capitales francophones qui se font face, séparés de quelques kilomètres et unis par le destin.
Il était donc naturel pour moi de réaffirmer cette proximité. Parce qu'une candidature internationale ne se construit pas uniquement autour de programmes. Elle se construit aussi autour de la confiance.
Nos échanges avec le Président Denis Sassou-Nguesso ont porté sur l'avenir de la Francophonie, mais également sur le rôle que l'Afrique est appelée à jouer dans son évolution.
Le continent africain représente déjà le principal moteur démographique de notre communauté. Dans quelques décennies, l'immense majorité des francophones vivra en Afrique.
Cette réalité change profondément la manière dont nous devons penser notre organisation. La Francophonie de demain ne pourra être conçue sans la jeunesse africaine. Elle devra lui offrir davantage de perspectives. Davantage de formations. Davantage d'emplois. Davantage de mobilité. Davantage d'innovation.
C'est cette réflexion qui guide ma campagne. Je souhaite une Francophonie qui investisse dans les compétences plutôt que dans les procédures. Qui développe les réseaux plutôt que les cloisonnements. Qui facilite les coopérations plutôt qu'elle ne les administre.
Cette ambition commence naturellement par le dialogue entre les États africains. Non pour construire une Francophonie africaine. Mais pour permettre à l'Afrique de contribuer pleinement à une Francophonie mondiale.
Brazzaville m'a rappelé une évidence. Les grandes organisations internationales trouvent leur force lorsqu'elles savent rester proches de leurs racines tout en regardant résolument vers l'avenir.
C'est cet équilibre que je souhaite défendre.
Le choix de Brazzaville portait aussi un message adressé à l'ensemble du continent : celui d'une candidature qui commence par le dialogue entre pairs plutôt que par la recherche immédiate de soutiens extérieurs à l'Afrique. Les entretiens avec le Président Sassou-Nguesso, qui compte parmi les chefs d'État les plus expérimentés de l'espace francophone en matière de diplomatie multilatérale, ont porté sur la manière dont les instances de l'OIF peuvent mieux associer les capitales africaines à la définition de ses priorités, plutôt que de leur présenter des orientations déjà arrêtées ailleurs.
Cette étape m'a aussi permis d'aborder une question qui traverse l'ensemble de ma campagne : celle de la jeunesse. Le Congo-Brazzaville, comme la République démocratique du Congo, connaît une croissance démographique rapide, avec une population majoritairement composée de moins de vingt-cinq ans. Nous avons évoqué ensemble les enjeux communs à nos deux rives : accès à l'enseignement supérieur, formation professionnelle, insertion économique d'une jeunesse nombreuse et de plus en plus connectée, mais encore trop souvent confrontée à un manque de débouchés locaux.
Je retiens de Brazzaville la conviction que les grandes transformations institutionnelles commencent rarement par de grandes déclarations. Elles commencent par des conversations directes, entre voisins, entre pairs, fondées sur une histoire et des défis communs. C'est cette méthode, faite d'écoute avant la parole, que j'ai voulu appliquer à chacune des étapes suivantes de cette tournée, de Dakar à Ottawa, de Conakry à Beyrouth.