Beyrouth : la Francophonie au cœur d'un Moyen-Orient en recomposition

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Le Liban a toujours été présenté comme le symbole d'une Francophonie du Moyen-Orient. Je m'engage à ce que cette région ne devienne pas une variable d'ajustement de l'action de l'OIF.

Le Liban occupe, dans l'histoire de la Francophonie, une place singulière : celle d'un pays où le français n'a jamais cessé d'être une langue de culture, d'éducation et de diplomatie, y compris dans les périodes les plus difficiles de son histoire récente.

Beyrouth a longtemps été présentée comme le symbole d'une Francophonie du Moyen-Orient. Cette réalité mérite d'être réaffirmée avec force au moment où la région traverse une recomposition profonde de ses équilibres politiques et économiques.

Je crois que la Francophonie a une responsabilité particulière envers le Liban : celle de ne pas réduire son engagement aux seuls moments de crise humanitaire, mais de soutenir durablement les institutions éducatives et culturelles francophones qui, à Beyrouth comme ailleurs dans le pays, continuent de former des générations entières malgré l'instabilité économique et politique.

Cette responsabilité s'étend au-delà du seul Liban. Elle concerne l'ensemble des communautés francophones du Moyen-Orient, souvent minoritaires, parfois fragilisées, mais porteuses d'une tradition intellectuelle et diplomatique précieuse pour notre organisation.

Je souhaite que l'OIF maintienne un soutien structurel aux universités francophones de la région, qui forment chaque année des milliers d'étudiants appelés à devenir des relais de coopération entre le monde arabe et l'espace francophone au sens large.

Je souhaite également que la Francophonie continue de jouer, dans cette région en recomposition, un rôle de médiation culturelle discret mais constant, fondé sur sa neutralité relative et sur la confiance qu'elle a su construire au fil des décennies.

Un espace linguistique qui abandonnerait ses foyers les plus anciens au moment où ils traversent leurs épreuves les plus difficiles perdrait une part de sa crédibilité morale. Je m'engage à ce que le Moyen-Orient francophone reste une priorité, et non une variable d'ajustement, dans l'action de notre organisation.

Les universités francophones du Liban, certaines fondées il y a plus d'un siècle, ont continué de fonctionner et de former des générations d'étudiants à travers des périodes de guerre civile, de crise économique et d'instabilité politique d'une gravité rarement égalée ailleurs dans l'espace francophone. Cette résilience institutionnelle mérite, à mes yeux, une reconnaissance particulière et un soutien structurel à la hauteur de ce qu'elle représente pour la vitalité de notre langue commune dans la région.

Je souhaite que l'OIF développe, avec les universités libanaises, des partenariats de recherche renforcés dans des domaines où leur expertise est reconnue internationalement, notamment en médecine, en droit comparé et en sciences politiques appliquées au monde arabe. Ces partenariats constitueraient un signal fort de confiance envers des institutions qui ont, plus que d'autres, démontré leur capacité à maintenir un haut niveau académique dans un contexte particulièrement difficile.

Cette responsabilité envers le Moyen-Orient francophone s'étend également aux communautés chrétiennes et francophones d'autres pays de la région, en Syrie comme en Égypte, souvent fragilisées par les recompositions géopolitiques des dernières décennies. Je crois que l'OIF a un rôle à jouer pour que ces communautés, porteuses d'une tradition francophone ancienne, ne se sentent pas abandonnées par une organisation dont elles ont pourtant contribué à façonner l'histoire.