Le Discours de Dakar
Première grande prise de parole publique sur les neuf chantiers de la candidature, prononcée sur la terre de Léopold Sédar Senghor et d'Abdou Diouf.
Les peuples ne subissent pas leur destin — ils le fondent. La Francophonie n'était plus une promesse — mais un serment.Le Discours de Dakar · 2 avril 2025
I
— Section premièreSur la terre de Senghor et de Diouf
Si je prends la parole aujourd'hui à Dakar, ce n'est pas par hasard. C'est parce que cette terre est celle où la Francophonie a, jadis, cessé d'être un projet de quelques hommes pour devenir l'aspiration de millions d'autres.
Sur le sol de Léopold Sédar Senghor et d'Abdou Diouf, la langue française a appris à respirer aux côtés du wolof, à se mêler aux pulsations du tam-tam, à porter les serments d'un panafricanisme lucide. C'est ici, et nulle part ailleurs, que je voulais ouvrir le chemin qui me conduira au Sommet de Phnom Penh.
II
— Section deuxièmeLe constat d'une Francophonie morcelée
Notre Francophonie n'est pas en panne d'idées. Elle est en panne d'audace. Quatre-vingt-huit nations partagent une langue, mais nos peuples se rencontrent peu. Nos économies dialoguent mal. Nos imaginaires circulent peu.
L'asymétrie n'est pas une fatalité, c'est un choix collectif que nous avons trop longtemps consenti par défaut. L'heure est venue de la défaire, projet après projet, mesure après mesure.
III
— Section troisièmeNeuf chantiers pour une Renaissance
Je ne viens pas à Dakar les mains vides. Je viens avec un programme, et ce programme se compte sur les doigts des deux mains : neuf projets concrets, datables, opposables. Pas des intentions — des leviers.
Trois projets pour rassembler : les rencontres interculturelles, les langues sœurs, l'hymne francophone. Trois projets pour produire : l'intégration économique, le pacte climatique, la médecine traditionnelle. Trois projets pour protéger : le visa francophone, l'Académie de la paix, la transition numérique inclusive.
IV
— Section quatrièmeLe serment
À celles et ceux qui m'écoutent aujourd'hui, je ne demande pas l'enthousiasme — je demande l'exigence. Je ne demande pas le soutien — je demande la lucidité.
Si vous me confiez cette mission, je l'assumerai en sachant que la Francophonie ne se mesure pas aux discours, mais aux actes. C'est ce serment que je prends ici, à Dakar, devant vous, devant Senghor et Diouf, devant l'Histoire.
Juliana Amato Lumumba
Dakar, le 2 avril 2025