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Pourquoi la République démocratique du Congo présente sa candidature à la tête de la Francophonie ?

Juliana Lumumba en présence du Chef de l'Etat de la RD Congo Félix-Tshisekedo et d'autres invités de marque lors de la présentation de sa candidature à Kinshasa

La Francophonie traverse aujourd'hui un moment décisif de son histoire. Jamais notre espace n'a rassemblé autant de femmes et d'hommes. Jamais il n'a disposé d'un potentiel aussi considérable. Jamais non plus le monde n'a autant eu besoin d'espaces capables de faire dialoguer les cultures, de rapprocher les peuples et de construire des réponses communes aux défis globaux qui nous submergent et nous exhortent à repenser notre collectif.

Pourtant, chacun le constate : les attentes des citoyens évoluent plus vite que nos institutions. La jeunesse des pays francophones aspire à davantage d'opportunités. Les entrepreneurs souhaitent davantage d'intégration économique. Les chercheurs veulent davantage de coopération scientifique. Les créateurs souhaitent une meilleure visibilité de leurs œuvres dans l'univers numérique, et nos États, eux, recherchent de nouveaux leviers de développement.

Dans ce contexte, la Francophonie est une organisation dont les structures et les bases apportent des réponses appropriées à ces différentes interrogations, qui, bien que segmentées, se reflètent pleinement dans les fondations pensées par les pères fondateurs de l'Organisation.

Aujourd'hui, je me place à l'intersection de cette volonté née il y a des décennies de faire évoluer notre organisation, en ne la plaçant pas uniquement comme un espace de dialogue, mais comme une pourvoyeuse de solutions.

C'est cette conviction qui a conduit la République démocratique du Congo à porter ma candidature au poste de Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie. Cette candidature, officialisée le 26 février 2026 puis lancée à l'international le 21 mai à Paris, s'inscrit dans un scrutin ouvert : cinq candidatures ont été retenues avant la clôture du dépôt des dossiers, dont trois viennent d'Afrique.

Cette candidature n'est pas celle d'une personne. Elle est l'expression d'une ambition collective.

Mon pays a l'honneur d'être le premier pays francophone du monde par le nombre de locuteurs. Une place et un positionnement qui ne confèrent pas qu'un simple privilège, mais également une responsabilité.

Elle m'impose également un devoir : celui de contribuer activement à la modernisation de notre organisation.

Je crois profondément que la Francophonie possède tous les atouts pour devenir l'un des grands espaces d'influence du XXIᵉ siècle.

Nous partageons une langue. Mais surtout, nous partageons une formidable diversité d'expériences.

Des économies avancées aux pays émergents. Des États insulaires aux grandes puissances africaines. Des centres mondiaux de recherche aux territoires où l'innovation invente chaque jour de nouvelles réponses aux défis locaux.

Cette diversité constitue notre plus grande richesse. Encore faut-il apprendre à mieux la mettre en réseau. D'où la nécessité de transformer cette institution en accélérateur.

Accélérateur d'investissements. Accélérateur d'innovations. Accélérateur de mobilité. Accélérateur d'échanges universitaires. Accélérateur de coopération économique. Accélérateur d'industries culturelles.

Elle doit également assumer pleinement son rôle dans les débats qui façonneront notre avenir collectif : intelligence artificielle, souveraineté numérique, transition écologique, sécurité alimentaire, éducation, circulation des talents, diplomatie scientifique.

Je souhaite une Francophonie qui ne réagisse plus uniquement aux transformations du monde en en subissant les contrecoups et les effets.

Je souhaite une Francophonie qui contribue à les orienter. Cette ambition est à la fois exigeante et réaliste. Mais elle repose sur une certitude : notre espace dispose déjà des compétences, des ressources humaines et de l'énergie nécessaires.

Le défi consistera dès lors à mieux les relier. À mieux les coordonner. À mieux les valoriser.

C'est le sens de la campagne que je mène aujourd'hui. Non pas proposer une alternance purement cosmétique. Mais proposer une nouvelle étape de l'histoire de la Francophonie.

Une Francophonie plus influente. Plus utile. Plus proche de ses peuples.

Je suis Juliana Amato Lumumba, candidate de la République démocratique du Congo au poste de Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Cette candidature s'inscrit dans un calendrier précis. Depuis son lancement, elle m'a conduite dans plus d'une quinzaine de capitales, sur quatre continents, pour présenter directement aux chefs d'État et de gouvernement, ainsi qu'à leurs représentants permanents auprès de l'OIF, la vision que je porte pour notre organisation. Ce choix d'une tournée exhaustive plutôt que d'une campagne concentrée sur quelques capitales influentes n'est pas anodin : il traduit ma conviction que la légitimité d'une candidature à la tête d'une organisation qui rassemble quatre-vingt-treize États et gouvernements se construit par l'écoute directe, et non par la seule mobilisation de soutiens diplomatiques classiques.

Au fil de ces échanges, j'ai reçu des marques de soutien officielles de plusieurs chefs d'État, dont ceux du Congo-Brazzaville, du Tchad et de la Guinée équatoriale, qui se sont ajoutées à l'appui constant du Président Félix-Antoine Tshisekedi et du gouvernement congolais tout au long de ce processus. Je mesure la responsabilité que représente chacun de ces soutiens : ils ne sont pas acquis à la RDC par principe, mais engagés envers un projet précis, que j'ai voulu détailler dans chacune des tribunes qui composent ce site.

Je veux aussi rappeler le contexte dans lequel s'inscrit cette candidature : celui d'une élection disputée, avec cinq candidatures retenues à la clôture des dépôts de dossiers, provenant de RDC, du Rwanda, de Mauritanie, du Gabon et de Roumanie. Cette pluralité, plutôt que de m'inquiéter, me conforte dans l'idée que la Francophonie traverse un moment de vitalité démocratique inédit, où plusieurs visions de son avenir peuvent enfin se confronter publiquement, dans le respect mutuel qui doit toujours caractériser notre communauté.

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